Face
aux contrôles de plus en plus restrictifs dans les métropoles camerounaises,
l’industrie du tabac s’est tournée vers les périphéries, notamment dans les
villes dites universitaires, avec une cible fragile : les jeunes
étudiants.
Soa,
petite bourgade située à 15 km de Yaoundé,
sous l’ombre reposante d’un bistrot qui jouxte le campus universitaire,
Olivier, étudiant en première année Sciences Politique, échange sur la
décentralisation avec ses amis. Cette scène de cogito est recouverte par un
épais voile de fumée qui s’échappe des cigarettes qu’ils ont achetées à 150
FCFA le paquet de 10 dans la cahute du vendeur du coin.
« Mes amis et moi fumons tous », confie
Olivier, en inhalant une profonde bouffée avant d’expirer lentement la fumée
par le nez. « C’est plus facile pour
nous d’acheter le tabac ici par rapport à Yaoundé. Car ici, nous avons des cigarettes peu coûteuses qui sont rares sur Yaoundé » poursuit-il entre deux bouffées
toxiques.
