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jeudi 17 juillet 2014

Cameroun : comment les marques utilisent la psychologie et le contexte social pour faire plus de victimes ?

Face aux actions de lutte anti tabac au Cameroun, les compagnies de tabac ont adopté de nouvelles stratégies pour commercialiser en masse leurs produits.
Le 29 décembre 2006 a été promulguée au Cameroun la  Loi n° 2006/018 régissant la publicité. Selon cette loi, les marques de tabac sont interdites de toutes formes de publicité y compris le parrainage, car cela serait considéré comme de la publicité au profit d’une marque. Les activités de promotions de leurs produits sont également interdites. Consolidée par les campagnes de sensibilisation des méfaits du tabac organisé par la Coalition Camerounaise Contre le Tabac (C3T), cette mesure juridique a permis de  dé normaliser la cigarette, de  réduire l’exposition des populations aux produits de tabac. Elle a également entrainé une baisse de la consommation et la fermeture de certaines compagnies de tabac.

mercredi 16 juillet 2014

Tabac et santé : Ce chien lutte contre le tabagisme

Ce chien fait tout pour faire comprendre à sa maîtresse que le tabac n'est pas bon pour la santé. Un vrai ange gardien !
"Le tabac c'est mauvais, on en viendra tous à bout" entend on souvent. Ce chien, lui, a décidé de démontrer à sa maîtresse que la cigarette n'est pas bonne pour la santé. C'est à l'aide de sa patte que ce chien commence à repousser la cigarette que lui tend sa maîtresse. Puis avec un mouvement de babines, il lui fait délicatement comprendre que l'odeur du tabac le dégoûte.  





mardi 1 juillet 2014

Lutte anti tabac : bilan de l’action de la C3T en 6 points-clef 7 ans après

Il ne fait aucun doute, le tabagisme est le plus grand fléau qu’est connu le monde. Personne, que ce soit de façon direct ou indirect n’en est épargné. En effet chaque famille qui constitue la planète, paye le prix du tabagisme de l’un de ses membres.
Au Cameroun comme partout ailleurs, le tabac fait des ravages. Mais, la mondialisation de l’industrie du tabac, l’absence de législation antitabac et une population mal renseignée contribuent à un problème de santé aigu qui ne cesse de s’aggraver. Actuellement, 17,5%  de la population sont fumeurs. Tandis que 37% de la population sont exposée au tabagisme passif et par conséquent aux mêmes risques sanitaires.
Fort de cette situation apocalyptique, la société civile camerounaise, via la Coalition Camerounaise Contre le Tabac (C3T), s’est mobilisée afin de réduire les dégâts du tabac dans notre société.  
Pour ce faire, de nombreuses campagnes de sensibilisation ont été organisées à travers le pays. Leur objectif, parlé aux populations des méfaits du tabac sur la santé, l'économie et l’environnement.
En huit ans, quels sont les réels effets des actions de sensibilisations de la C3T ? Qu'est-ce qui a changé?
Résumé, en six points-clefs:
·         L’image de la cigarette a changé, et les habitudes à la maison aussi
·         La lutte anti tabac une ligne dans la responsabilité sociale des entreprises
·         Moins de pollution dans les locaux
·         Un avant projet de loi anti tabac
·         L’adoption des mesures juridiques
·         Une absence de volonté politique

vendredi 13 juin 2014

Le tabagisme, même passif, rend sourd
Aujourd'hui, outre les méfaits du tabac déjà connus et rappelés régulièrement, celui-ci aurait également un impact sur l'audition des fumeurs actifs ou passifs. Attention donc ! 
Largement accusé, à raison, d'altérer le goût et l'odorat, le tabac agit de manière moins connue sur notre ouïe. Qu'ils soient fumeurs actifs ou passifs, les hommes et femmes exposés à la fumée de cigarette auraient un risque de perte auditive supérieur d'environ 30 % par rapport aux non-fumeurs, conclut une étude de l'université de Manchester publiée le 28 mai dans JARO.
Les chercheurs se sont appuyés sur les tests auditifs et les questionnaires de 164.770 personnes, issus d'une banque de données médicales britannique, UK Biobank, portant sur des hommes et des femmes âgées de 40 à 69 ans, représentatifs de la population du Royaume-Uni. Les résultats confirment à grande échelle les études précédentes en dénombrant en moyenne 30 % de personnes supplémentaires atteintes de surdité parmi les fumeurs. Elle établit aussi un lien direct entre le risque de perte auditive et la quantité de tabac consommée.
Plus inquiétant, ils révèlent surtout que le tabagisme passif est presque aussi néfaste que fumer directement. Pour des personnes exposées à la fumée de cigarette entre 2 et 9 heures par semaine, le risque est accru de 28 %. Et il s'élève de 39 % pour un contact supérieur à 10 heures.

jeudi 20 mars 2014

«Les fumeurs sont manipulés par les industriels...»

« Cet ouvrage se veut avant tout un cri d'alerte autant qu'un témoignage pour l'avenir », avertit Martine Perez, médecin et journaliste au Figaro .
Interdire le tabac. L'urgence ! Est une longue enquête en «Tabagie», avec analyse des coûts, diagnostics médicaux, profils psychologiques des intoxiqués mais aussi des industriels. Quels sont leurs méthodes et leurs réseaux, où sont les complicités, parfois étatiques ? «Alors qu'il tue chaque année 60.000 personnes en France et 5 millions dans le monde, pourquoi le risque sanitaire «tabac» est-il laissé de côté ? Pourquoi n'assiégeons-nous pas les usines de fabrication de cigarettes pour sensibiliser à leurs effets mortifères ?», s'interroge le Dr Perez. «Il s'agit de voir comment la France, à l'instar de la Finlande, pourrait s'engager à l'horizon 2020, par exemple, dans l'interdiction définitive du tabac.» Un livre qui, assurément, fera débat - dont nous vous présentons quelques extraits en avant-première.

mercredi 12 mars 2014

Loi anti-tabac: les députés sensibilisés

Les enjeux du projet en cours expliqués mercredi aux élus.
Au bout de la journée de mercredi, le doyen d’âge de l’Assemblée nationale espérait que ses collègues et lui-même seront des députés conseils ! Enow Tanjong parlait ainsi, touché par la cause à laquelle tous les leaders sociaux devraient être gagnés. C’était à la suite des autres orateurs lors de l’ouverture du séminaire de sensibilisation des parlementaires sur le contrôle du tabac. Ouvert dans l’hémicycle du palais de Verre, la rencontre a laissé transparaître l’idée qu’une loi anti-tabac s’impose.

Sinata Koulla Shiro, secrétaire général du ministère de la Santé publique, représentant le ministre a, en effet, rappelé que dans d’autres pays, une telle loi, inspirée de la législation internationale, a fait ses preuves dans la réduction du tabagisme et de ses méfaits. L’arsenal législatif camerounais est à compléter à cet égard, a annoncé Mme Koulla Shiro. Aussi, a-t-elle sollicité davantage l’attention des élus sur les enseignements et informations qui devaient être partagés durant la journée du séminaire, dès lors que ce sont eux qui votent les lois comme celle que les organisateurs appellent de leurs vœux. Et pour cause !

La moitié des fumeurs décède à cause de leur addiction à cette drogue. L’impact négatif du tabagisme sur le revenu des ménages se répercute sur le produit intérieur brut national. En se faisant du mal à eux-mêmes, les  17,5% de consommateurs locaux de tabac exposent 37% de la population générale au tabagisme passif et aux maladies qu’il engendre.
La présidente de la Coalition camerounaise contre le tabac (C3T), le Dr Flore Ndembiyembe, pouvait donc légitimement émettre le vœu que le séminaire soit l’heureux levier qui aidera à « empêcher le tabac de faire plus de ravage ». Elle qui avait relevé d’entrée de jeu que l’absence d’une loi nationale anti-tabac favorise autant sa consommation que l’essor industriel de la filière.


Par Jean Baptiste KETCHATENG

jeudi 26 décembre 2013

Le Cameroun souffre de tabagisme


Yaoundé, dans un Café de la ville le 24 décembre 2013. Les disciples de Bacchus entre deux gorgées d’hydromel célèbrent la naissance de Jésus Christ. Ici les voutes de fumées de leur cigarettes aux odeurs peu délicates enfument  le bistrot en s’élevant allègrement vers une affiche « interdit de fumer ». Ceci, dans l’indifférence des clients du bar. Seul le gérant de l’institution et quelques de ses serveuses demandent aux fumeurs de sortir de salle du Bistrot pour la terrasse. Là-bas, ils peuvent griller une cigarette sans problème.
Au Cameroun, elles ne sont pas nombreuses les institutions et personnes qui portent des actions aussi louables en matière de lutte contre le tabagisme. La plupart des bons élèves se recrutent au sein des formations sanitaires et des institutions dont les patrons souffrent de problèmes respiratoires. 
 Une législation faible
Pour lutter contre le tabac et ses méfaits, le Cameroun a pris nombre de mesure dont les plus importantes sont  sans doute : la ratification de la Convention Cadre de l’OMS pour la lutte anti Tabac ;  la loi N°2006/018 du 29 décembre 2006 régissant la publicité au Cameroun, l’arrêté N°967 MINSANTE/MINCOMMERCE du 25 Juin 2007 portant marquage sanitaire des emballages des produits à base de tabac.  Aujourd’hui, force est de constater que malgré l’application de ces mesures juridiques, les risques liés au tabagisme dans notre pays sont de plus en plus grand.  Résultat, 17,5 % de la population est fumeur. 37% de la population camerounaise est exposé à la fumée dans les lieux publics et par conséquent  aux même risques sanitaires que les fumeurs.
Plus de 15, 5%  des jeunes consomme du tabac, sous diverses formes, notamment la chicha et les joints de cannabis. Le narguilé, depuis longtemps populaire en en Afrique subsaharienne  est de plus en plus prisé dans les métropoles Camerounaise, où ce mode de consommation séduit les jeunes et en particulier les filles. « C’est un produit associé à la convivialité. Or une chicha, c’est l’équivalent de 40 cigarettes », explique le professeur Hichem Aouina, pneumologue, membre de la Commission nationale tunisienne de la lutte contre le tabagisme.
Autre signe inquiétant l’âge de la première cigarette. « Avant  7 ans, la prévalence tourne autour de 5 % »
Publicité sournoise
Au Cameroun la publicité en faveur du tabac est interdite.  Mais au quotidien, l’on remarque que cette loi reste l’apanage des médias.  Les cigarettiers qui font des efforts dans les grandes villes profitent de la faiblesse de cette loi  et de celle du système pour améliorer leur stratégie marqueting.  En effet Ils continuent à faire de la publicité mais de façon sournoise. Et s’ils font quelques efforts dans les villes, rien n’a changé dans les zones rurales.
 Si l’OMS et la Coalition Camerounaise contre le Tabac ont récolté le plus de données possible, il est encore difficile d’évaluer l’impact des politiques de sensibilisation. « Les choses changent malgré tout », estime le docteur Flore Ndembiyembé, Présidente du  conseil d’administration de l’Alliance pour le Contrôle du Tabac en Afrique et présidente de la Coalition Camerounaise Contre le Tabac.
 « Les populations sont de plus en plus informés des dangers liés à cette addiction. Il faut cependant regretter qu’aucun accompagnement au sevrage ne soit soutenu par les pouvoirs publics. »
Au Cameroun Comme dans la plupart des pays africains, les patchs et autres formes de substituts nicotiniques ne sont disponibles que dans quelques points de vente et, de toute façon, hors de portée de la plupart des porte-monnaie. Pas étonnant dans ces conditions que les fumeurs les plus réguliers se trouvent parmi les populations les plus pauvres.
Au Cameroun, La consommation, sous toutes ses formes, est aisée même les mineurs s’y lancent sans problème. Ici,  À toute heure, dans quasiment tous les quartiers des grandes villes, mais aussi dans les villages les plus reculés, on  trouve toujours un vendeur de rue ou une boutique est ouverte.  Le paquet de cigarette le plus couteux est de 1500 et le moins couteux 300 Fcfa, alors que la boîte de 36 gommes à mâcher à la nicotine coûte 4000 F CFA. Aucune compagnie d’assurance-maladie ne prend en charge les frais de sevrage. Une situation qui fait en sorte que le tabac soit le produit le plus vulgaire du pays.  Plus facile à trouver qu’un comprimé de Nivaquine. 
Lueur d’espoir
Le problème est un peu le même partout. Le Cameroun comme d’autres  États africains a adhéré à la Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Anti Tabac, mais sa mise en œuvre et son application  traînent. En effet, il n’existe pas de véritable politique nationale anti tabac, les efforts de lutte conduite par la Société civile sont financés par des bailleurs de fonds.
Toutes fois il convient de dire que de gestes quotidiens posés par les populations camerounaises  montrent  que le message de lutte anti tabac passe. Dans les écoles les enfants reçoivent des enseignements sur les méfaits du Tabac. Dans les rues et les associations de plus de conversation sont alimentés par le tabac et ses effets néfastes. Dans certaines résidences, il est interdit de fumer. Les médias quant à eux, en ont fait un sujet phare.
Au regard de l’état actuel de l »épidémie de tabagisme au Cameroun, l’adoption d’une loi anti tabac conforme aux dispositions de la Convention Cadre de l’OMS pour la lutte anti tabac est la solution idoine pour le lutter contre se mal dans notre pays et protéger la santé de nos populations et notre environnement des effets dévastateurs du tabac.
Afrique : Cancers en hausse
« Lorsque j’étais pneumologue à N’Djamena, j’avais, en 1989, un cas de cancer du poumon tous les deux mois; en 1999, nous en étions déjà à quatre à cinq cas par mois », se souvient le docteur Jean-Pierre Baptiste, aujourd’hui en charge du programme régional de lutte contre le tabagisme à l’OMS. Même tendance en Tunisie, où, selon Wilded Ben Ayoub, le cancer du poumon arrive en tête des cancers chez les hommes. « Et d’ici à 2024, il y en aura quasiment quatre fois plus qu’aujourd’hui », prévoit cette tabacologue qui tient une consultation gratuite à l’institut Salah Azaïz de Tunis. De moins bonne qualité, les cigarettes vendues en Afrique ont souvent une plus forte teneur en nicotine et en goudron. Elles sont donc plus additives et plus dangereuses, selon l’OMS. Pas de quoi être optimiste. « Il faut agir maintenant pour ne pas atteindre les niveaux de consommation des pays du Nord, avertit Jean-Pierre Baptiste. L’Afrique n’est qu’au début de l’épidémie. »