Menu

Affichage des articles dont le libellé est Coalition Camerounaise Contre le Tabagisme (C3T). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Coalition Camerounaise Contre le Tabagisme (C3T). Afficher tous les articles

vendredi 10 avril 2015

Cameroun: dans les méandres du commerce illicite du tabac

Contrebande, contrefaçon : les trafics de cigarettes explosent, boostés par l'appât du gain de certains importateurs et fabriquant de produits de tabac. Un marché parallèle qui fait la fortune des groupes mafieux, de l'industrie du tabac et plombe  les finances de l'Etat.
Au Cameroun, pays producteur de tabac, le marché de la cigarette est extraverti à près de 90%. Une situation qui fait suite à l'arrêt des activités de productions des industries locales. Malgré la hausse des taxes à l'importation, le chiffre des affaires des compagnies tabacoles  croit chaque année tandis que les recettes de l'Etat ne cessent de chuter.
A l'origine de cette situation, se trouve le commerce illicite du tabac, souvent appelé tabac de contrebande, il regroupe des produits qui ne sont pas conformes aux règlements du Cameroun en matière de tabac, spécifiquement ceux reliés à l'importation, l'estampillage, la fabrication, la distribution, l'étiquetage et la taxation. l'activité bat son plein  depuis quelques années.

jeudi 17 juillet 2014

Cameroun : comment les marques utilisent la psychologie et le contexte social pour faire plus de victimes ?

Face aux actions de lutte anti tabac au Cameroun, les compagnies de tabac ont adopté de nouvelles stratégies pour commercialiser en masse leurs produits.
Le 29 décembre 2006 a été promulguée au Cameroun la  Loi n° 2006/018 régissant la publicité. Selon cette loi, les marques de tabac sont interdites de toutes formes de publicité y compris le parrainage, car cela serait considéré comme de la publicité au profit d’une marque. Les activités de promotions de leurs produits sont également interdites. Consolidée par les campagnes de sensibilisation des méfaits du tabac organisé par la Coalition Camerounaise Contre le Tabac (C3T), cette mesure juridique a permis de  dé normaliser la cigarette, de  réduire l’exposition des populations aux produits de tabac. Elle a également entrainé une baisse de la consommation et la fermeture de certaines compagnies de tabac.

lundi 12 mai 2014

Renoncer à la cigarette "dope" le moral !

Arrêter de fumer, c'est bon pour la santé. Mais c'est aussi très bon pour le moral et plus efficace que les antidépresseurs, affirme une étude anglaise.

Voilà un constat scientifique assez inédit qui devrait réconforter les fumeurs en cours de sevrage. Selon une étude parue à la mi-février dans The British Medical Journal, l'effet de l'arrêt du tabac pourrait être "identique ou supérieur à celui d'antidépresseurs utilisés dans le traitement de l'anxiété". L'étude porte sur des fumeurs âgés en moyenne de 44 ans qui fumaient entre 10 et 40 cigarettes par jour. Ils ont été interrogés avant et après l'arrêt, dans un délai allant de six semaines à six mois. Ceux qui ont réussi à cesser de fumer étaient moins déprimés, moins stressés, et avaient une vision plus positive de la vie. 

jeudi 26 décembre 2013

Le Cameroun souffre de tabagisme


Yaoundé, dans un Café de la ville le 24 décembre 2013. Les disciples de Bacchus entre deux gorgées d’hydromel célèbrent la naissance de Jésus Christ. Ici les voutes de fumées de leur cigarettes aux odeurs peu délicates enfument  le bistrot en s’élevant allègrement vers une affiche « interdit de fumer ». Ceci, dans l’indifférence des clients du bar. Seul le gérant de l’institution et quelques de ses serveuses demandent aux fumeurs de sortir de salle du Bistrot pour la terrasse. Là-bas, ils peuvent griller une cigarette sans problème.
Au Cameroun, elles ne sont pas nombreuses les institutions et personnes qui portent des actions aussi louables en matière de lutte contre le tabagisme. La plupart des bons élèves se recrutent au sein des formations sanitaires et des institutions dont les patrons souffrent de problèmes respiratoires. 
 Une législation faible
Pour lutter contre le tabac et ses méfaits, le Cameroun a pris nombre de mesure dont les plus importantes sont  sans doute : la ratification de la Convention Cadre de l’OMS pour la lutte anti Tabac ;  la loi N°2006/018 du 29 décembre 2006 régissant la publicité au Cameroun, l’arrêté N°967 MINSANTE/MINCOMMERCE du 25 Juin 2007 portant marquage sanitaire des emballages des produits à base de tabac.  Aujourd’hui, force est de constater que malgré l’application de ces mesures juridiques, les risques liés au tabagisme dans notre pays sont de plus en plus grand.  Résultat, 17,5 % de la population est fumeur. 37% de la population camerounaise est exposé à la fumée dans les lieux publics et par conséquent  aux même risques sanitaires que les fumeurs.
Plus de 15, 5%  des jeunes consomme du tabac, sous diverses formes, notamment la chicha et les joints de cannabis. Le narguilé, depuis longtemps populaire en en Afrique subsaharienne  est de plus en plus prisé dans les métropoles Camerounaise, où ce mode de consommation séduit les jeunes et en particulier les filles. « C’est un produit associé à la convivialité. Or une chicha, c’est l’équivalent de 40 cigarettes », explique le professeur Hichem Aouina, pneumologue, membre de la Commission nationale tunisienne de la lutte contre le tabagisme.
Autre signe inquiétant l’âge de la première cigarette. « Avant  7 ans, la prévalence tourne autour de 5 % »
Publicité sournoise
Au Cameroun la publicité en faveur du tabac est interdite.  Mais au quotidien, l’on remarque que cette loi reste l’apanage des médias.  Les cigarettiers qui font des efforts dans les grandes villes profitent de la faiblesse de cette loi  et de celle du système pour améliorer leur stratégie marqueting.  En effet Ils continuent à faire de la publicité mais de façon sournoise. Et s’ils font quelques efforts dans les villes, rien n’a changé dans les zones rurales.
 Si l’OMS et la Coalition Camerounaise contre le Tabac ont récolté le plus de données possible, il est encore difficile d’évaluer l’impact des politiques de sensibilisation. « Les choses changent malgré tout », estime le docteur Flore Ndembiyembé, Présidente du  conseil d’administration de l’Alliance pour le Contrôle du Tabac en Afrique et présidente de la Coalition Camerounaise Contre le Tabac.
 « Les populations sont de plus en plus informés des dangers liés à cette addiction. Il faut cependant regretter qu’aucun accompagnement au sevrage ne soit soutenu par les pouvoirs publics. »
Au Cameroun Comme dans la plupart des pays africains, les patchs et autres formes de substituts nicotiniques ne sont disponibles que dans quelques points de vente et, de toute façon, hors de portée de la plupart des porte-monnaie. Pas étonnant dans ces conditions que les fumeurs les plus réguliers se trouvent parmi les populations les plus pauvres.
Au Cameroun, La consommation, sous toutes ses formes, est aisée même les mineurs s’y lancent sans problème. Ici,  À toute heure, dans quasiment tous les quartiers des grandes villes, mais aussi dans les villages les plus reculés, on  trouve toujours un vendeur de rue ou une boutique est ouverte.  Le paquet de cigarette le plus couteux est de 1500 et le moins couteux 300 Fcfa, alors que la boîte de 36 gommes à mâcher à la nicotine coûte 4000 F CFA. Aucune compagnie d’assurance-maladie ne prend en charge les frais de sevrage. Une situation qui fait en sorte que le tabac soit le produit le plus vulgaire du pays.  Plus facile à trouver qu’un comprimé de Nivaquine. 
Lueur d’espoir
Le problème est un peu le même partout. Le Cameroun comme d’autres  États africains a adhéré à la Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Anti Tabac, mais sa mise en œuvre et son application  traînent. En effet, il n’existe pas de véritable politique nationale anti tabac, les efforts de lutte conduite par la Société civile sont financés par des bailleurs de fonds.
Toutes fois il convient de dire que de gestes quotidiens posés par les populations camerounaises  montrent  que le message de lutte anti tabac passe. Dans les écoles les enfants reçoivent des enseignements sur les méfaits du Tabac. Dans les rues et les associations de plus de conversation sont alimentés par le tabac et ses effets néfastes. Dans certaines résidences, il est interdit de fumer. Les médias quant à eux, en ont fait un sujet phare.
Au regard de l’état actuel de l »épidémie de tabagisme au Cameroun, l’adoption d’une loi anti tabac conforme aux dispositions de la Convention Cadre de l’OMS pour la lutte anti tabac est la solution idoine pour le lutter contre se mal dans notre pays et protéger la santé de nos populations et notre environnement des effets dévastateurs du tabac.
Afrique : Cancers en hausse
« Lorsque j’étais pneumologue à N’Djamena, j’avais, en 1989, un cas de cancer du poumon tous les deux mois; en 1999, nous en étions déjà à quatre à cinq cas par mois », se souvient le docteur Jean-Pierre Baptiste, aujourd’hui en charge du programme régional de lutte contre le tabagisme à l’OMS. Même tendance en Tunisie, où, selon Wilded Ben Ayoub, le cancer du poumon arrive en tête des cancers chez les hommes. « Et d’ici à 2024, il y en aura quasiment quatre fois plus qu’aujourd’hui », prévoit cette tabacologue qui tient une consultation gratuite à l’institut Salah Azaïz de Tunis. De moins bonne qualité, les cigarettes vendues en Afrique ont souvent une plus forte teneur en nicotine et en goudron. Elles sont donc plus additives et plus dangereuses, selon l’OMS. Pas de quoi être optimiste. « Il faut agir maintenant pour ne pas atteindre les niveaux de consommation des pays du Nord, avertit Jean-Pierre Baptiste. L’Afrique n’est qu’au début de l’épidémie. »

mardi 24 septembre 2013

TABAGISME: Il transmet le risque d’asthme sur plusieurs générations


Alors que 300 millions de personnes souffrent d’asthme dans le monde, que ce chiffre pourrait atteindre 400 millions en 2025, le tabagisme de la mère, durant la grossesse, un facteur largement confirmé de risque d’asthme de l’enfant, ne borne pas ses effets néfastes sur une génération. Ces chercheurs de l’Université de Californie- Los Angeles (UCLA) montrent ici comment le tabagisme de la mère risque d’impacter plusieurs générations. Le tabagisme, un héritage durable donc, selon ces conclusions publiées dans l’American Journal of Physiology-Lung Cellular and Molecular Physiology.

L’étude, menée sur la souris, montre que lorsque les mères sont exposées à la nicotine durant la grossesse, leurs petits-enfants souris sont également exposés à un risque accru d'asthme, même si ils n'ont jamais, eux-mêmes, été exposés à la nicotine. Cet « héritage » pourrait-il se perpétuer plus loin encore ? Le Dr Virender K. Rehan et ses collègues ont ensuite évalué les signes d’asthme chez les arrières petits-enfants souris, en les exposants à un gaz irritant pour les poumons pour évaluer la contraction des voies respiratoires,  ils constatent que cette troisième génération est elle-même à risque d’asthme accru.

Des résultats qui suggèrent que le tabagisme peut avoir des effets qui se répercutent de génération en génération, associés ici au risque d'asthme. En cause l’effet épigénétique du tabagisme -qui peut influencer l’expression de certains gènes.


lundi 1 juillet 2013

Dr. Flore Ndembiyembe: «6 millions de personnes meurent chaque année à cause du tabac»


La Présidente de la Coalition Camerounaise Contre le Tabagisme (C3T) parle  de son combat et de ses motivations
Dr Flore Ndembiyembe, vous avez très récemment, conduit en partenariat avec l’OMS une activité visant à sensibiliser l’administration sur la mise en œuvre de la convention OMS contre le tabac ratifiée par le Cameroun, avez-vous le sentiment que sur ce sujet vous avancez?
Cette épidémie tue 6 millions de victimes par an dans le monde. Ainsi le tabac tue un de ces consommateurs régulier sur deux. Bien qu’il s’agisse d’une une course de fond, nous pensons que les choses avancent dans la lutte contre le tabagisme. L’administration, en collaboration avec la société civile, a élaboré un plan stratégique de lutte anti tabac  ainsi qu’un avant projet de loi anti tabac conforme à la Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Anti-Tabac. D’autre part la société civile est mieux organisée et apporte sa contribution à ce combat. Il apparaît aussi que les camerounais sont de plus en plus sensibilisé au problème du tabagisme. Nous sommes donc optimistes.

Vous avez récemment entrepris une opération de sensibilisation des députés de l’Assemblée Nationale sur la pertinence d’une loi contre le tabagisme. Quels résultats avez-vous obtenus?
Les députés ont évidemment un rôle clé à jouer dans la lutte anti tabac. Ils ont besoin de comprendre pour prendre la bonne décision le moment venu. Il a donc fallu les informer et les sensibiliser sur les conséquences sanitaires, sociales et économiques du tabac et du tabagisme. Il fallait surtout leur démontrer que l’argument selon lequel l’industrie du tabac contribue à l’économie du pays est discutable. Quand on met en balance le coût des soins médicaux des affections dues au tabagisme et le gain économique, on se rend compte que le tabac appauvrit les individus et la nation.

En termes statistiques, comment s’évalue le tabagisme aujourd’hui?
Il faut savoir que près de 6 millions de personnes meurent chaque année des conséquences du tabagisme, dont 80% dans les pays à faibles revenus comme le Cameroun. Dans notre pays 17,5% de la population consomme régulièrement le tabac. 14% des élèves du secondaire ont déjà eu un premier contact avec la cigarette. Depuis que les pays développés ont décidé de protéger leur jeunesse par des lois fortes, l’industrie recrute les femmes et les jeunes des pays pauvres pour remplacer les fumeurs qui meurent.
  
Parlons de vous si vous le voulez bien, qui est Flore Ndembiyembe?
Je suis médecin, immuno-allergologue retraitée de l’administration camerounaise. J’ai longtemps travaillé à l’hôpital central de Yaoundé. J’ai été pendant longtemps, secrétaire permanent du Comité National de Lutte contre la Drogue. C’est à ce poste que j’ai commencé à m’intéresser à la lutte anti-tabac. Le tabac est souvent été la première étape de la prise des drogues illicites. Je suis mariée, mère de quatre enfants. J’ai quatre petits enfants.
 

Qu’est ce qui nourrit votre engagement dans la lutte anti-tabac ? Une expérience difficile ou la simple envie de voir un monde meilleur pour les autres?
Mon engagement a peut être un lien avec mon métier, celui de sauver des vies. Le tabagisme est responsable de la perte de nombreuses vies humaines. Et c’est la première cause de mort évitable. Il faut donc le faire savoir, principalement aux jeunes, afin qu’ils fassent le bon choix, celui de ne jamais accepter la première cigarette. C’est dans le même sens que j’ai créé l’association Health Promotion Watch qui fait la promotion des comportements sains. Cette association est surtout connue pour avoir appris aux camerounais à bien se laver les mains.

Depuis quand menez-vous la lutte contre le tabagisme et que vous a-t-elle procuré comme joies ou comme peines?
J’ai débuté la lutte anti-tabac en 1998 au Ministère de la Santé Publique et en 2004 dans le cadre d’une organisation de la société civile (Health Promotion Watch), la Coalition Camerounaise Contre le Tabac est née en 2006. La transition s’est faite tout naturellement lorsque j’ai été appelée à faire valoir mes droits à la retraite. Comme pour toute aventure humaine, il y a des difficultés. Mais il faut toujours commencer quelque part et avoir une vision. J’avoue éprouver une satisfaction particulière quand je réussis à convaincre des personnes à s’engager dans ce combat de longue haleine.
 

La cause semble pertinente et entendue d’un grand nombre, pourquoi selon vous le gouvernement ne dit pas stop à la vente de la cigarette?
A ce jour, le tabac est un produit dont la vente est autorisée bien que réglementée. Il y des accords internationaux que notre pays doit respecter. Il y a le puissant lobby de l’industrie du tabac qui défend ses intérêts avec d’importants moyens financiers. Cependant les lignes bougent et il n’est pas utopique de penser qu’un jour le tabac devienne un produit interdit à la consommation.
 

Qui sont ceux qui vous accompagnent dans votre objectif?
A ce jour la Coalition anti-tabac comprend une vingtaine d’associations. Elle compte aussi des membres individuels et de jeunes volontaires. Il fallait surtout convaincre les autres associations qui n’œuvrent pas forcément dans le domaine de la santé de s’associer à nous. La C3T compte parmi ses membres des associations de professionnels de la médecine, des organisations de protection de consommateurs, de protection des droits humains et de droits des handicapés, de personnes vivant avec le VIH, une organisation de sécurité routière, etc. Plus que leurs spécificités c’est leur engagement qui compte. J’en profite pour les remercier pour leur engagement.

2013 débute avec son lot de promesses, à votre niveau quels engagements relatives à votre cause avez-vous pris?
L’année qui commence est très importante pour la lutte anti-tabac au Cameroun. Nous espérons avoir le soutien de tous les camerounais pour l’adoption d’une loi nationale anti-tabac qui protège notre jeunesse des conséquences du tabagisme. Nous nous engageons à mieux informer les populations sur les risques sanitaires liés au tabagisme actif mais aussi passif. Le choix des uns de fumer a en effet des conséquences identiques sur les non fumeurs. Le tabac tue les fumeurs mais aussi les non fumeurs. C’est important de le savoir. La lutte anti-tabac doit devenir une affaire de tous.