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mardi 7 juillet 2015

France: Interdiction de fumer dans les aires de jeux



Ce dispositif déjà à l’essai dans certains parcs de Strasbourg, Bordeaux ou Paris, sera donc généralisé à toute la France.La ministre de la Santé Marisol Touraine a expliqué avoir pour objectif "que les enfants qui naissent aujourd’hui ou qui grandissent soient la première génération de non-fumeurs".
Les "aires de jeu pour enfants sont faites pour les enfants et pas pour les fumeurs", a-t-elle dit. "Des parents me disaient à quel point ils étaient choqués que leurs enfants trouvent des mégotsdans les bacs à sable", a ajouté Marisol Touraine. 
Plan de lutte contre le tabagisme
Cette mesure fait partie du plan de lutte contre le tabagisme, annoncé l’année dernière, et qui doit aussi introduire le paquet neutre en mai 2016.

lundi 1 juin 2015

Journée mondiale sans tabac: un contrôle du tabac sans loi, c'est aussi illicite pour la santé des populations



"Eliminer le commerce illicite des produits du tabac", c'est sur ce thème que s'est célébrée la 28ème édition de la Journée mondiale sans tabac. A cet effet, la Coalition camerounaise contre le tabac à organisé le 28 mai 2015 à Yaoundé, une journée consacrée à la lutte contre le tabac. Lors de cette célébration, les échanges ont porté sur les conséquences du commerce illicite sur les plans sanitaires économiques et sociaux. Ceci, en vue d'un plaidoyer en vue d'un meilleur contrôle du tabac.
Vue d'ensemble du panel de la table ronde

Au Cameroun des mesures gouvernementales existent pour pallier le problème comme l'a rappelé le représentant du ministre de la Santé public. Mais pour la C3T, ces dispositions demeurent insuffisantes. En effet, la répression, mais également et surtout l'adoption d'une loi anti-tabac, car elle contribuerait à lutter plus efficacement contre ce fléau, c'est en tout cas l'avis de tous les panélistes de la table ronde organisé par la C3T sur l'impact du commerce illicite du tabac au Cameroun.  Cette table ronde a été animée par Aimé Robert Bihina. Son  panel  était composé de M. Pascal Awono( représentant du ministre de la Santé public),Mme Koa Alima Beyala Jacqueline (Inspecteur général au ministère du Commerce), Dr Léonard Mbam Mbam ( représentant du représentant du bureau local de l'OMS), Hon. Vincent de Paul Emah Etoundi ( Vice-prrésident du Réseau des parlementaires camerounais pour la lutte contre le tabac ( Oxygène), Dr Kamga Olen (médecin  psychiatre) et du Dr Flore Ndembiyembe (Présidente de la C3T). 
Dr Léonard Mbam Mbam de l'OMS a attiré l'attention de l'assistance sur le chapelet de maladies chroniques provoquées par le "tueur silencieux" qu'est le tabagisme. Pour le Dr Kamga Olen, psychiatre et participant à cette table-ronde " En dépit des maladies qu'il encourt, le fumeur est déjà malade du fait de sa dépendance à la cigarette." le psychiatre fait savoir qu'en fumant cigarette après cigarette, le sujet tabagique recherche en réalité le plaisir qu'il a trouvé en fumant pour la première fois. A son avis, le mieux serait de s'interdire ou d'empêcher la consommation de la première cigarette. Il suggère de ce fait que la sensibilisation soit accentuée auprès des non-fumeurs et des jeunes.
Concours
Consciente de ce fait, la C3T a, pour impliquer les jeunes à la question du tabagisme, organisée le concours du meilleur message de prévention contre le tabagisme. Dénommée, "je ne suis pas la marionnette d'une cigarette", ce concours à permis aux jeunes d'exprimer par voie de dessin ou de poème  leurs arguments pour ne pas être un jour la marionnette d'une cigarette. Le premier prix de cette compétition a été enlevé par Léopoldine Bessawa Mpondo, élève en classe de 4ème au Collège François-Xavier Vogt.

Les lauréats du concours et les officiels de la cérémonie solennelle de la JMST

vendredi 8 mai 2015

Lutte anti tabac: Phillip Morris attaque l’Uruguay



Le géant de l'industrie du tabac attaque en justice le petit Etat de 3,4 millions d'habitants pour le forcer à alléger sa législation anti-tabac, réputée comme l'une des plus sévère au monde.
En matière de lutte contre le tabagisme, l'Uruguay est considéré comme le champion toutes catégories. Le pays d'Amérique latine collectionne les lois restrictives : interdiction de fumer dans les lieux publics, augmentation des taxes, limitation à un seul produit par marque, impression de messages antitabac sur 80% de la surface des paquets... À la fin de l'année dernière, le gouvernement a même renforcé la législation?: taxes augmentées, interdiction de toute publicité ou même de placer les paquets de cigarettes à la vue du public dans les bureaux de tabac.
" Si un client nous demande quelles marques nous avons, nous n'avons pas le droit de le leur dire ", explique un kiosquier de la gare routière de Tres Cruces dans La Croix. Les contrôles sont particulièrement stricts. Ils sont effectués par la Cooperativa 21 de Octubre, qui emploie... d'anciens salariés de l'usine de Philip Morris, fermée en 2011. Et les résultats sont visibles : le pourcentage de fumeurs adultes est passé de 32 % en 2006 à quelque 23 % en 2014. Chez les plus jeunes, le taux de lycéens fumeurs est retombé à 15 %.

vendredi 10 avril 2015

Cameroun: dans les méandres du commerce illicite du tabac

Contrebande, contrefaçon : les trafics de cigarettes explosent, boostés par l'appât du gain de certains importateurs et fabriquant de produits de tabac. Un marché parallèle qui fait la fortune des groupes mafieux, de l'industrie du tabac et plombe  les finances de l'Etat.
Au Cameroun, pays producteur de tabac, le marché de la cigarette est extraverti à près de 90%. Une situation qui fait suite à l'arrêt des activités de productions des industries locales. Malgré la hausse des taxes à l'importation, le chiffre des affaires des compagnies tabacoles  croit chaque année tandis que les recettes de l'Etat ne cessent de chuter.
A l'origine de cette situation, se trouve le commerce illicite du tabac, souvent appelé tabac de contrebande, il regroupe des produits qui ne sont pas conformes aux règlements du Cameroun en matière de tabac, spécifiquement ceux reliés à l'importation, l'estampillage, la fabrication, la distribution, l'étiquetage et la taxation. l'activité bat son plein  depuis quelques années.

lundi 30 mars 2015

Conférence mondiale sur le tabac ou la santé: les experts réclament le renforcement des mesures anti tabac


Les participants à la conférence mondiale sur "le tabac ou la santé" ont conclu cinq jours de discussions  21 mars 2015 à Abou Dhabi. Ils ont réclamé plus de mesures pour lutter contre la consommation de tabac, une des causes majeures de la mortalité dans le monde.

Le tabagisme tue en effet une personne toutes les six secondes, soit près de six millions de morts à
travers la planète chaque année, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Un milliard de morts au XXIe siècle ?
Au total, un milliard de personnes pourraient mourir à cause du tabac au cours du XXIe siècle, selon l'OMS, dont la convention-cadre pour la lutte contre le tabac doit être mieux appliquée, ont recommandé les participants à la 16e conférence sur le tabac dans leur déclaration finale.
Cette convention qui donne des directives proposant notamment l'interdiction de la publicité pour les fabricants de cigarettes ou encore l'interdiction de fumer dans les lieux publics, a été signée par cent quatre-vingts Etats et devrait l'être par tous les pays d'ici à 2018, ont réclamé les participants de la conférence.

jeudi 23 octobre 2014

Vivre avec un fumeur est aussi dangereux que d'habiter une ville très polluée

Yaoundé-Vivre avec un fumeur est aussi dangereux pour la santé que d'habiter une ville aussi polluée que Londres ou Pékin, préviennent des chercheurs écossais.
On savait déjà qu'une exposition à la fumée secondaire, telle que mesurée en concentrations de particules fines (les PM2.5, dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres), est associée à une multitude de problèmes de santé.
Les scientifiques ont analysé les données colligées par quatre études et qui, collectivement, portaient sur 93 maisons où on retrouvait au moins un fumeur et sur 17 maisons sans fumeur.
La concentration moyenne des PM2.5 dans les maisons avec fumeur était environ dix fois supérieure à celle mesurée dans les maisons sans fumeur. L'exposition aux PM2.5 des non-fumeurs qui habitaient avec un fumeur était plus de trois fois supérieure à la limite annuelle suggérée par l'Organisation mondiale de la Santé.

mardi 21 octobre 2014

Tabagisme passif : vivre avec un fumeur aussi dangereux que la pollution

Des chercheurs écossais préviennent que vivre en compagnie d'une personne qui fume expose à un taux de particules fines trois fois supérieures à la limite fixée par l’OMS.
Le tabagisme passif est montré du doigt depuis plusieurs années : outre les cancers du poumon, on sait qu’il multiplie par 10 les risques de développer un cancer du sein, il augmente les grossesses à risques, et il complique même les opérations des amygdales. En ces temps de lutte contre la pollution des villes, une nouvelle étude écossaise vient de démontrer qu’une personne qui vit avec un fumeur absorbe autant de particules fines que quelqu’un qui vit dans une ville très polluée comme Londres ou Pékin. Les particules fines sont des microparticules en suspension dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres (PM2.5). 
Les maisons de fumeurs dépassent les normes de l'OMS
Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs d’Aberdeen, à l’extrémité est de l’Ecosse, ont analysé les données de quatre études qui portaient en tout sur 110 maisons : 93 dans lesquelles vivaient au moins un fumeur et 17 sans fumeur.

mercredi 9 avril 2014

La pollution fait un tabac

Par YVES CHARPAK 
L’industrie du tabac ne lâchera pas facilement ses activités si profitables. De contre-feux en contre-feux, nous nous faisons avoir tous les jours. L’OMS nous annonçait, le 25 mars, que 7 millions de décès prématurés sont liés à la pollution de l’air chaque année, pour le monde entier (1). 


La pollution de l’air, à la fois intérieur et extérieur, serait désormais le principal risque environnemental pour la santé dans le monde. On lisait dans la presse ces derniers jours que la pollution de l’air tuait plus que le tabac, rien ne pourrait faire plus plaisir aux industriels du tabac. On fera l’hypothèse que ça ne relève que de la logique dominante «d’accroche à tout prix», et aussi d’un manque de recul et de compréhension des enjeux scientifiques et sociétaux de nos sociétés dès lors que l’on parle de santé publique.
En effet, le rapport de l’OMS ne vise pas à comparer l’impact de la pollution de l’air en général avec celui du tabac. Car la pollution de l’air, c’est un patchwork de contextes et de risques divers, variables en fonction des niveaux de développement des pays, et on n’a pas le choix de «respirer» ou non. A l’inverse, le tabac est un facteur de risque unique, «choisi», le plus dangereux pour ceux qui y sont exposés, les fumeurs ou leur entourage. Il est par ailleurs aussi un composant important de la pollution de l’air intérieur évoqué par l’OMS sur son site, mais sûrement pas un risque «comparable».
En réalité, l’OMS nous dit que l’on identifie mieux l’impact de la pollution de l’air sur la santé dans le monde… et que cet impact :
- touche surtout les pays pauvres ou émergents… et surtout en Asie.
- est lié pour moitié à la pollution de l’air intérieur dans des pays où le chauffage domestique et la cuisson des aliments se font principalement dans des foyers ouverts sans évacuation ;
- est lié pour une autre moitié à une pollution de l’air extérieur par les transports, l’énergie, les déchets et l’industrie, avec des variations fortes par pays sur la surveillance, les régulations, les technologies, les moyens. Nous sommes concernés aussi en Europe et en France, mais l’impact de la pollution de l’air reste pour nous très inférieur à celui du tabac.
Et il faut bien distinguer la pollution de l’air en général, «imposée» par des contraintes économiques, qui, au niveau mondial, résulte pour une bonne part du manque de moyens des pays pauvres, et celle qui relève de modes de vie «volontaires», dont le tabac : la première pourrait être réduite, mais avec des tensions majeures entre développement et environnement, mais la seconde relève surtout de la faiblesse des décisions politiques et sociétales face à un lobby mondial du tabac. L’augmentation récente dans nos pays de la consommation des femmes et des jeunes en est une bonne illustration.
Il faut dire que les connaissances scientifiques convergent toutes et que la «nébuleuse» du commerce du tabac n’oserait plus prétendre que fumer ou respirer la fumée des autres n’est pas un risque. Mais «elle» a mis en œuvre des stratégies multiples, de lobbying, de communication, de subvention à tout ce qui peut «noyer le poisson» ou laisser penser que le tabac n’est qu’un problème parmi d’autres… et même promouvoir l’idée que le tabac et ses adeptes sont victimes de lobbys technocratiques et liberticides.
Les exemples de ces stratégies multiformes de promotion du tabac ne manquent pas :
- Financer des études universitaires sur les effets secondaires (contrebande et inégalités sociales liées au prix du tabac) de leurs obligations réglementaires (packaging, prix, limitation publicitaire), afin d’alimenter les «écrans de fumée» de campagnes médias et de lobbying, sans mention des résultats en terme de santé des baisses de consommation.
- Offrir des subventions massives au cinéma, aux médias et en particulier aux séries télévisées, pour valoriser à nouveaux les héros consommateurs, ceux qui savent faire des choix personnels «à risque», montrant leur sociabilité de fumeurs opposée à la rigidité triste et excessivement moraliste de ceux qui en veulent à leurs libertés… Les enfants, les jeunes adultes et en particulier les femmes, autrefois non touchées mais aujourd’hui cibles principales de la promotion du tabac en feront les frais dans vingt ou trente ans.
- Des institutions publiques subventionnées se trouvent rapidement en conflit d’intérêt : il en est ainsi des rumeurs sur certains projets d’Interpol (la police «internationale») ou sur le manque d’objectivité de l’Olaf, la police de la Commission européenne, lors de la démission forcée du précédent commissaire européen à la santé à la veille du vote d’une directive européenne sur le tabac. En conclusion, laisser le marketing du tabac imposer ces enjeux et les relayer même «naïvement» n’est pas très responsable.
(1) http://www.who.int/mediacentre/news/ releases/2014/air-pollution/fr

vendredi 4 avril 2014

Lutte Anti tabac : l’Angleterre optent pour les paquets de cigarettes neutres afin de réduire la consommation

L'Angleterre pourrait s'inspirer du modèle australien de lutte contre le tabagisme en imposant d'ici le début 2015, des emballages neutres pour les paquets de cigarettes, afin d'améliorer la santé publique et de limiter le tabagisme chez les plus jeunes, a annoncé jeudi Jane Ellison, la secrétaire d'Etat en charge des questions de santé, citée par l'agence Reuters.

Le Royaume-Uni serait ainsi le premier pays d'Europe à suivre l'exemple de l'Australie, qui impose depuis 2012 aux cigarettiers de vendre des paquets neutres avec des images de maladies provoquées par le tabac.
Le tabac est responsable de six millions de décès par an et ce chiffre pourrait dépasser les huit millions d'ici 2030, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Selon les conclusions d'une enquête commandé par le ministère de la Santé Britannique, les paquets de cigarettes neutres sont plus  efficaces pour couper l’envie de fumer. Déjà adoptés par l’Australie en décembre 2012, ces paquets ont un emballage standardisé et volontairement moche, avec des avertissements sanitaires du style «Fumer tue». La marque est reléguée en petits caractères. Les images publicitaires sont remplacées par des visuels.
Au regard de ces conclusions, Jane Ellison a fait savoir qu'un projet de loi pourrait être soumis au Parlement avant la fin de la législature en mai 2015.
Le Parti travailliste a fait bon accueil à la proposition, tout en reprochant au gouvernement conservateur d'avoir perdu du temps avec sa consultation. "Plus de 70.000 enfants ont commencé à fumer depuis l'annonce de l'étude", a déploré Luciana Berger, porte-parole du Labour pour la santé, au Parlement. "Combien d'autres le feront avant que ce gouvernement prenne enfin une action résolue et décisive ?"




lundi 23 septembre 2013

Cigarette électronique : pourquoi tant d'études contradictoires ?

Certaines études pointent son efficacité supérieure au patch pour arrêter de fumer. D'autres dénoncent les risques de ses vapeurs pour la santé. La cigarette électronique suscite la controverse. La France a pris des mesures contre ce petit appareil en vogue alors que sa dangerosité n'est pas encore démontrée. Explications.

Pas de goudron, pas d'odeur de tabac et peu de nicotine. Les Français sont de plus en plus nombreux à "vapoter". Mise au point en Chine en 2004, la cigarette électronique compterait 500.000 adeptes en France. Mais y a-t-il des risques pour la santé ? Pour le moment, difficile de le savoir. Les députés ont voté en juin l'interdiction de la vente de cigarettes électroniques aux mineurs. En mars, Marisol Touraine, ministre de la Santé, avait annoncé avoir "commandé une enquête" sur ce produit qui ne fait l'objet d'aucun contrôle sanitaire. Objectif : évaluer le "bénéfice-risques".
Si elles ne contiennent ni tabac ni goudron, les cigarettes électroniques comportent différents solvants, comme le propylène glycol et la glycérine. Le premier est un additif chimique longtemps utilisé dans les traitements contre l'asthme. Il est ainsi classé par la Food and Drug administration (FDA) des Etats-Unis parmi les "substances généralement reconnues comme inoffensives". Ce produit est aussi utilisé dans l'alimentaire comme émulsifiant dans les sauces et assaisonnements. La glycérine, elle, est également utilisée en pharmacologie, dans les cosmétiques ou dans l'alimentaire. Les spécialistes s'interrogent pourtant sur l'impact à long terme de ces solvants sur la santé.

Des études contradictoires
Il n'existe encore que peu d'études sur le sujet. Et elles ne disent pas la même chose. Certaines révèlent les effets bénéfiques de la cigarette électronique, notamment sur le risque cardiaque ou sur le sevrage tabagique comme cette étude néo-zélandaise parue dimanche 8 septembre dans la revue britannique The Lancet qui "suggère que la cigarette électronique est comparable au patch à la nicotine pour aider les fumeurs à arrêter sur une période d'au moins six mois". Dans une autre étude parue en août 2012, des médecins grecs ont présenté les résultats d'une enquête qui a montré que substituer des fausses cigarettes aux vraies pourrait être bénéfique pour le cœur. Un autre essai publié en 2011 dans la revue BMC Public Health a montré son impact pour arrêter de fumer. Selon Jean-François Etter, professeur en santé publique à l'université de Genève interrogé par Le Figaro, "il est probable que la cigarette électronique diminue les symptômes du sevrage, comme l'irritabilité, les troubles du sommeil, la prise de poids, l'impatience (..) De plus, elle procure un soulagement rapide".
A l'inverse, d'autres études sont plus réservées. Dans l'une d'entre elles, parue en 2010, des chercheurs de la FDA ont révélé la présence dans certaines recharges, de deux molécules utilisées dans des médicaments  : le rimonabant et l'amino-tadalafil. Le premier est un anti-obésité dont des études auraient montré qu'il pourrait favoriser le sevrage tabagique, mais qu'il serait aussi responsable de troubles dépressifs et suicidaires, indique Sciences et Avenir. Quant à l'amino-tadalafil, il s'agit d'un dérivé du tadalafil, la molécule utilisée contre les troubles de l'érection dans le Cialis, concurrent du Viagra.
Un rapport commandé par l'OMS (Organisation mondiale de la santé), et rendu public en novembre 2012, révèle, lui, la présence de dix substances toxiques et indique qu'"il pourrait y avoir des discordances entre la teneur en nicotine selon l'étiquetage et les valeurs réelles".
Enfin, selon une autre étude parue en août dernier, les e-cigarettes "peuvent émettre des composés potentiellement cancérogènes", assure la revue 60 millions de consommateurs de septembre qui a testé une dizaine de modèles, jetables ou rechargeables, et a alerté les autorités sur des défauts d'étiquetage.

Trop de nicotine dans certaines cigarettes électroniques
Justement. Les cigarettes électroniques peuvent en fait contenir des quantités importantes de nicotine. Des mesures faites par l'Afssaps ont montré que les recharges pouvaient contenir jusqu'à 17 mg/ml de nicotine, un produit dangereux à faibles doses. Dans un avis du 30 mai 2011, l'agence française a ainsi recommandé "de ne pas consommer ce type de produit".
Autre source d'inquiétude : le flou juridique qui entoure la fabrication et la commercialisation de la cigarette électronique qui n'est soumise à aucune législation. L'agence du médicament (ANSM) recommande elle aussi depuis 2011 de ne pas utiliser les cigarettes électroniques, soulignant que selon leur concentration en nicotine, elles ne peuvent être considérées comme des médicaments ou des produits de consommation courante. Mais aucun fabriquant n'a à ce jour déposé de demande d'autorisation de mise sur le marché en tant que médicament, relève l'agence.

Un genre de produit d'initiation pour les jeunes
"J'ai demandé à mes services de me dire très précisément de quel type de produit il s'agit", a indiqué Marisol Touraine. Pour Bertrand Dautzenberg, spécialiste du poumon à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, il faudrait créer une "catégorie spéciale" pour les produits autres que le tabac contenant de la nicotine et interdire leur vente aux mineurs. Car la principale crainte des tabacologues interrogés est que la cigarette électronique devienne un produit d'initiation pour les jeunes. Selon une étude récente, 64% des jeunes de 12 à 14 ans qui avaient essayé la cigarette électronique n'avait encore jamais fumé auparavant, souligne le Pr Dautzenberg.
Son efficacité pour arrêter de fumer tout comme sa nocivité font l'objet d'un vaste débat chez les tabacologues. Si certains conviennent qu'elle est vraisemblablement moins nocive que la vraie cigarette, la plupart relèvent qu'ils ne disposent pas de suffisamment d'études à ce stade pour se prononcer. "Nous n'avons pas assez de recul", reconnaît le Pr Bertrand Dautzenberg, qui souligne qu'il n'existe actuellement aucune étude sur des patients utilisant le produit depuis plus de six mois. "Ma recommandation est que si vous êtes un gros fumeur, c'est peut-être bien de passer à la cigarette électronique, mais ne l'utilisez pas trop longtemps" ajoute-t-il.

Même réticence chez le Dr Yves Nadjari, cardiologue tabacologue attaché à l'hôpital Cochin à Paris : "Si quelqu'un a réussi à arrêter de fumer avec la cigarette électronique c'est bien, mais on déconseille aux gens de mettre un pied dans la cigarette électronique". "Nous avons très peu de données sur son impact sur la santé à court, moyen et long terme", renchérit la tabacologue Nadia Lahlou.