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lundi 7 avril 2014

Le tabac tue... même les cow-boys

Dernier cow-boy encore en vie à avoir figuré dans les publicités pour les cigarettes Marlboro, Eric Lawson est décédé à cause d’une BPCO à l’âge de 72 ans. Les trois "Marlboro men" sont tous décédés à cause de leur tabagisme.
Le 10 janvier dernier, Eric Lawson est décédé à l’âge de 72 ans, "des suites d’une longue maladie pulmonaire liée à son tabagisme", selon les déclarations de son épouse à l’agence américaine Associated Press. Acteur dans plusieurs séries dont "Drôle de Dames" ou "Dynastie", il s’était engagé dans la lutte anti-tabac tout en continuant à fumer, comme en témoigne le spot ci-dessous.
La BPCO est caractérisée par une diminution non réversible des débits expiratoires. Cette diminution du souffle a pour origine le rétrécissement permanent et progressif des bronches en rapport avec un épaississement de leur paroi et une destruction du poumon. Ce triste enchaînement est dû à l'agression répétée de substances toxiques, dont la principale est le tabagisme (à 80 ou 90 %).
Contrairement à une idée reçue, la BPCO est loin d'être exceptionnelle, bien au contraire puisque 5 à 10 % de la population adulte, soit 2 à 4 millions de Français, en sont atteints. Parmi eux, 30 000 sont au stade de l'insuffisance respiratoire chronique et traités à domicile par oxygénothérapie ou ventilation assistée.
Ce problème de santé publique est tel que cette maladie est responsable chaque année d'au moins 15 000 décès. Les projections de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estiment qu'en 2020, la BPCO sera la troisième cause de mortalité dans le monde ! Elle deviendrait également la cinquième cause de handicap.
Les deux autres "Marlboro Men" sont également décédés à cause du tabagisme : David Millar en 1987 d’un emphysème et David Mc Lean en 1995 d’un cancer du poumon.
Aujourd’hui, le sort dramatique de ces "Marlboro men" tous décédés à cause de leur tabagisme est repris par une campagne de pub anti-tabac de l’association Droits des Non Fumeurs.
Destinée aux jeunes, cette campagne est diffusée depuis le 27 mars sous la forme d’une carte postale distribuée dans les cinémas et les cafés.
Pour mémoire, Eric Lawson s’était engagé dans la lutte anti-tabac tout en continuant à fumer, comme en témoigne le spot ci-dessous.

vendredi 4 avril 2014

Fumer enceinte impacte le développement du cerveau du bébé

A en croire une étude britannique, les enfants nés de mamans fumeuses auraient un cerveau plus petit que les autres…
Prématurité, fausses couches ou encore saignements, on le sait, fumer enceinte augmente les risques liés à la grossesse et a des répercussions sur la santé du bébé. Une nouvelle étude britannique, publiée dans la revue Neuropsychopharmacology, relayée par le Daily Mail, révèle que l’exposition in utero au tabac a un réel impact sur la taille du cerveau du fœtus.
Pour dresser ce constat, les chercheurs ont analysé le cerveau et le fonctionnement émotif de 113 enfants de six à huit ans, dont la mère fumait régulièrement avant et pendant sa grossesse (17 d’entre elles ont arrêté la cigarette quand elles ont su qu'elles étaient enceintes). Les scientifiques ont ensuite comparé leurs données avec celles d’un groupe de 113 enfants non exposés au tabac. Les résultats sont sans appel : ceux ayant une maman fumeuse ont un cerveau plus petit. Et ce n’est pas tout : ils seraient aussi plus sujets aux problèmes émotionnels et souffriraient davantage de dépression, d'anxiété et de trouble de l’humeur. Au contraire, les enfants dont les mères ont arrêté de fumer ne présentaient pas ces troubles.
Pour les auteurs de l’étude, le tabac affecterait le développement du cerveau en détruisant les neurones et en réduisant les vaisseaux sanguins, ce qui ferait diminuer l’apport d’oxygène au fœtus durant toute la grossesse.
Source : Daily Mail

Lutte Anti tabac : l’Angleterre optent pour les paquets de cigarettes neutres afin de réduire la consommation

L'Angleterre pourrait s'inspirer du modèle australien de lutte contre le tabagisme en imposant d'ici le début 2015, des emballages neutres pour les paquets de cigarettes, afin d'améliorer la santé publique et de limiter le tabagisme chez les plus jeunes, a annoncé jeudi Jane Ellison, la secrétaire d'Etat en charge des questions de santé, citée par l'agence Reuters.

Le Royaume-Uni serait ainsi le premier pays d'Europe à suivre l'exemple de l'Australie, qui impose depuis 2012 aux cigarettiers de vendre des paquets neutres avec des images de maladies provoquées par le tabac.
Le tabac est responsable de six millions de décès par an et ce chiffre pourrait dépasser les huit millions d'ici 2030, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Selon les conclusions d'une enquête commandé par le ministère de la Santé Britannique, les paquets de cigarettes neutres sont plus  efficaces pour couper l’envie de fumer. Déjà adoptés par l’Australie en décembre 2012, ces paquets ont un emballage standardisé et volontairement moche, avec des avertissements sanitaires du style «Fumer tue». La marque est reléguée en petits caractères. Les images publicitaires sont remplacées par des visuels.
Au regard de ces conclusions, Jane Ellison a fait savoir qu'un projet de loi pourrait être soumis au Parlement avant la fin de la législature en mai 2015.
Le Parti travailliste a fait bon accueil à la proposition, tout en reprochant au gouvernement conservateur d'avoir perdu du temps avec sa consultation. "Plus de 70.000 enfants ont commencé à fumer depuis l'annonce de l'étude", a déploré Luciana Berger, porte-parole du Labour pour la santé, au Parlement. "Combien d'autres le feront avant que ce gouvernement prenne enfin une action résolue et décisive ?"




mercredi 2 avril 2014

Santé mentale: le tabagisme passif, un effet néfaste?

Une étude britannique met en évidence un effet délétère du tabagisme passif sur la santé mentale.
Plusieurs études ont déjà suggéré un impact négatif du tabagisme passif sur la santé physique, mais le lien entre cette exposition et la santé mentale s'avère moins connu.
Dans le cadre d'une étude nationale sur la santé de la population générale écossaise (menée avant la loi interdisant le tabac dans les lieux publics), des chercheurs londoniens ont comparé 5.560 adultes non fumeurs et 2.595 fumeurs en bonne santé, sans antécédent de maladie mentale. Une détresse psychologique a été observée chez 14,5% des participants suivis pendant six années.
Les spécialistes ont ainsi calculé qu'une exposition passive au tabac augmentait de 49% le risque de détresse psychologique par rapport aux personnes non exposées et ont constaté, en dosant le niveau de cotinine (dérivé métabolique de la nicotine), une forte association dose-réponse. De même, les risques d'hospitalisation pour des motifs psychiatriques étaient multipliés par 2,84 pour les fortes expositions passives au tabac et par 3,74 pour les fumeurs.
Selon les auteurs, ces résultats soulignent « l'importance de réduire l'exposition au tabac, pas seulement pour des raisons de santé physique, mais aussi de santé mentale ».

L'e-cigarette est une nouvelle source d'addiction

La cigarette électronique permet-elle réellement un sevrage tabagique ? Peut-on devenir "accro" à ce dispositif, que celui-ci dispense ou non de la nicotine ? Trois questions au docteur Laurent Karila, psychiatre-addictologue, à l'hôpital universitaire Paul Brousse (APHP) de Villejuif.

La cigarette électronique est souvent présentée comme une alternative à la cigarette « classique ». Selon vous, présente-t-elle de réels avantages en matière de sevrage tabagique ?
Dr Laurent Karila : La cigarette semble effectivement aider certains fumeurs, et constituer un outil de réduction des risques. Il y a 500.000 usagers de l'e-cigarette en France, ce qui est loin d'être négligeable. Selon certaines études encourageantes, l'e-cigarette réduirait les symptômes de sevrage liés au manque de nicotine (nervosité, difficultés à dormir, prise de poids, difficultés à rester en place, etc.) et aiderait les fumeurs à stopper leur consommation.
Selon des études comparatives avec placebo, l'e-cigarette réduirait le craving (l'envie irrésistible de consommer le tabac). L'étude prospective ECLAT, réalisée sur douze mois, a récemment montré que chez 300 fumeurs ne souhaitant pas arrêter, l'utilisation d'e-cigarettes, avec ou sans nicotine, réduisait la consommation de tabac et encourageait à maintenir une abstinence en tabac sans effets secondaires significatifs. Des travaux publiés en septembre 2013, dans The Lancet, suggèrent également que la cigarette électronique est comparable au patch à la nicotine pour aider les fumeurs à arrêter, sur une période d'au moins 6 mois.
Peut-on devenir "accro" à la cigarette électronique ?
Dr Laurent Karila : L'e-cigarette peut être source d'addiction pour plusieurs raisons : la nicotine (lorsque la cigarette dispense cette substance), le comportement et la sensation provoquée par la fumée.
La nicotine, pour commencer, est addictive surtout si elle pénètre rapidement dans l'organisme. Dans le cas de la cigarette électronique, la nicotine arrive au cerveau en 7 à 8 secondes. Le comportement et les rituels du fumeur sont aussi à prendre en compte comme chez les fumeurs de tabac « standard ». L’impression laissée par le passage de la fumée dans la bouche et la gorge est un effet renforçant recherché par le vapoteur.
La vente libre de cet objet "addictif" pose-t-elle problème, selon vous ?
Dr Laurent Karila : Non, car pour le moment, c'est un outil de réduction des risques à court et moyen terme. De nombreux professionnels s'accordent sur un point : l'e-cigarette est moins dangereuse que la cigarette vendue dans les bars-tabacs. Les produits cancérigènes de la fumée de l'e-cigarette ont des concentrations 9 à 450 fois inférieures à celles retrouvées dans une cigarette standard. Il n'y a juste pas assez de recul sur ses effets à long terme et sur la composition des produits retrouvés dans les différentes cigarettes électroniques vendues. En matière d'addiction, il est possible, par extrapolation, de retrouver ce que l'on connaît déjà pour la nicotine.
Quoi qu'il en soit, il faut interdire la vente aux mineurs car cela peut être un mode de début de consommation précoce d'une substance, et générer des problèmes addictifs à long terme. Il faut en interdire la publicité et poursuivre les travaux de recherche sur ses effets à court, moyen et long termes.
Par ailleurs, il faut rester prudent sur l'indication d'utilisation de masse : si l'e-cigarette est déjà utilisée par les patients, il faut leur dire d'en avoir un usage limité dans le temps. Il faudra également prévoir une campagne d'information sur les effets, les bénéfices et les risques liés à l'usage de la cigarette électronique, et créer une nouvelle dénomination pour ce type de produit de lutte contre le tabagisme.